8 LETTRES DU ROI DE PRUSSE
■ . ■' le mauvais goût qui probablement replongera l’Europe
dans une efpèce de barbarie dont une foule degrands hommes l’avait tirée.
Tant que nous conferverons Voltaire , il n’y aurarien à craindre ; lui feul eft l’ Atlas qui foutient parfes forces cet édifice ruineux. Son tombeau fera celuidu bon goût et des lettres. Vive? donc, vivez, etrajeuniffez , s’il eft poflible : ce font Jes vœux detoutes les perfonnes qui s’intéreffent à la bellelittérature , et principalement les miens.
f É D É R I C,
LETTRE XII.
DE M. DE VOLTAIRE.
A I'erney , 15 février.
SIRE ,
T AN DI S que vos bontés me donnent les louangesqui me font fx légitimement dues fur mon ortho-doxie et fur mon tendre amour pour la religioncatholique , apoftolique et romaine , j’ai bien peurque mon zèle ardent ne foit pas approuvé par lesprincipaux membres de notre fanhédrin infaillible.'Ils prétendent que je me mets à genoux devant euxpour leur donner des croquignoles , et que je les rendsridicules avec tout le refpect poflible. J’ai beau leurciter la belle préface d’un grand homme qui eft au-devant d’une hiftoire delEgüfe très-édifiante , ils nereçoivent point mon excufe ; ils difent que ce qui eft