ET DE M. DE VOLTAIRE.
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qu’il vous a trouvé en état de faire vingt campagnes ;Dieu nous en préferve ! mais accordez-vous doncavec lui ; car il "dit que vous avez un corps dignede votre ame, et vous prétendez que non : il eftvrai qu’il vous a contemplé principalement des joursde revue ; et ces jours-là , vous pourriez bien vousrengorger et vous requinquer, comme une belle àfon miroir.
Je ne vous propofais pas, Sire, vingt campagnes ,je n’en propofais qu’une ou deux; et encore c’étaitcontre les ennemis de Jéfus-ChriJl et de tous lesbeaux arts. Je difais : Il protège les jtfuites, il pro-tégera bien la vierge Marie contre Mahomet , et labonne vierge lui donnera fans doute deux ou troisbelles provinces à fon choix , pour récompenfed’une fi fainte action.
Je viens de relire l’article Guerre , dont votreMajefté pacifique a la bonté de me parler : il eftvraiment un peu infolent par excès d humanité;mais je vous prie de confidérer que toutes ces injuresne peuvent tomber que fur les Turcs , qui font venusdu bord oriental de la mer Cafpienne jufqu’auprèsde Naples , et qui chemin fefant, fe font emparésdes lieux faints , et même du tombeau de Jcfus-ChriJiqui ne fut jamais enterré. En un mot , je reffemblaiscomme deux gouttes d'eau à ce fou de Pierrel’hermite , qui prêchait la croifade. L’empereur desRomains . que vous aimez , et qui fe regarde commevotre difciple , ne pouvait fe plaindre de moi ; jelui donnais d’un trait de plume un très-beauroyaume. On aurait pu , avant qu’il fût dix ans,jouer un opéra grec à Conftantmople. Dieu n’a