20Ô LETTRES DU ROI DE PRUSSE
— J'attends, Sire, et ils attendent comme moi avecI 78 ° > impatience ce que V. M. voudra bien ordonner à cefujet. J’attends auffi fes ordres au fujetdu bufte demarbre très-reffemblant, dont elle m’a paru vouloirfaire l’acquifition cette année. C’eft un très-bel ou-vrage, dont le prix n’eft que de 3000 livres deFrance , et que le fculpteur fô chargerait de faireparvenir furement à Potsdam.
M. de Ruillières, à qui j’ai lü l’endroit de lalettre de V. ÎVI. qui le regarde, en eft pénétré dereconnailfance, et fera ufage dans fon hifloire de larévolution de Pologne, de ce peu de lignes, quilui ont paru bien précieufes etbienefîentielles.
Un fénéchal de Corlay en baffe Bretagne, vient dem’adreffer des vers pour V. M., qu’il me prie delui faire parvenir. Le nom du poète eft Georgelin;c’eft un homme de robe , qui loue V. M. d’avoirappris leur devoir à des magiftrats; Ainfi fon hom-mage n’eft pas fufpect.
Frédéric réunit tous les droits à la gloire ,
Il offre en chaque genre un modèle nouveau ;
Comme il fait en fon camp enchaîner la victoire,
Il fait chérir la paix, même jufqu’au barreau.
Je ne parle point à V. M. de l’état de ma frêlèmachine. M. de Catt pourra, fi elle le permet,l’ennuyer de ces détails. Je me confole en fachantque V. M. fe porte bien, et en me flattant de la pré-céder aux fombres bords long-temps avant qu’elley arrive. Puiffé-je, Sire, y voir V. M. le plus tardpolflble, et puiffe la deftinée qui préftde aux jours