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2cS LETTRES DU Ê01 DE PRUSSE
par une indifpofition douloureufe et dangereufe dela douce confoiation d’aller porter à V. Aï., noit-feulement ma tendre vénération, rca reconnaiffanceprofonde, et mon admiration plus vive que jamais,mais l’attachement et le refpect que toute la Francea pour elle, ét dont je voudrais qu’elle pût être té-moin! Ces fentimens, Sire, augmenteront encore,fi l’on apprend ici que V. Aï. ait fait rendre les hon-neurs funèbres au grand homme à qui nos prêtresles ont fi indignement refufés. Il eft bien étrangeque notre gouvernement ait fouffert cette infamie,et qu’on lailfe à ces fanatiques la licence de flétrir,autant qu’il eft en eux, la mémoire des hommesqui ont le plus illuftré la nation. Je me flatte, d’a-près l’efpérance que V. M. a bien voulu m’en don-ner , que le 30 mai dernier, jour anniverfaire dela mort de ce grand homme ( qui depuis deux ansn’cxifte plus ) fon fervice foleunel aura été célébréd’une manière digne du héros et du philofophe quien aura donné l’ordre et fait les frais. Nous avonsici actuellement une affemblée du clergé , à qui Aï.Nccker , notre Sully et notre Colbert, fe prépare àdemander beaucoup d’argent qu’il faudra bien don-ner; je m’imagine quelle fera bien irritée du fer-vice de Voltaire et je me flatte que c’eft l’intentionde V. IM. Je ne lui en épargnerai ( je veux dire auclergé) aucun des détails qui pourront humilier fonorgueil et fon fanatifme.
Nous fommes ici dans l’attente la plus impatientedu fuccès de cette troiflème campagne, fur-tout enAmérique. L’infolence et la piraterie anglaife révol-tent toutes les nations de l’Europe; la déclaration
que