, ET DEM. D’ALEMBERT. 22£
l’opinion, mépriferen fureté les fripons et les fots,inftruire leurs femblables fans avoir le fanatifme àcraindre, et les obliger, même quand ils ne le vou-draient pas , à être tolénms, modérés,, et raifonna-bles! Puiftïez-vous , Sire, donner long-temps auxhommes de pareilles leçons, de pareilles lois , et depareils exemples.
Je fuis avec la plus profonde et la plus tendrevénération etc.
LETTRE CXCIX.
DE JVL D’ALEMBERT.
A Paris, ce i s décembre ,anniverfaire de la bataille de Keflelsdorf.
SIRE,
Chaque lettre, dontV. M. m’honore, réveille enmoi les fentimens rie reconnaiffance , de vénérationet de tendreffe dont je fuis depuis fi long-tempspénétré pour elle ; mais quelque profonds , Sire, queces fentimens foient en moi, ce ne font pas ceuxdont je fuis en ce moment le plus occupé. Un fenti-raent qui m’eft plus cher encore, s’il eft poffible,parce qu’il eft plus perfonnel à V. M. , pénètreet remplit mon ame ; depuis la nouvelle que nousvenons de recevoir de la mort de l’impératrice-Reine.Cette nouvelle, Sire, ft intéreffante dans tous lestemps, par les événemens qui peuvent la fuivre,me paraît dans les circonftances actuelles bien plusintérelfante encore. On fait, on croit du moins quecette princeffe aimait la paix, au moins fur la finTome II P