Vniuerfelle liure I. 3
on eftangz, Et toutes ces chofes n’ontaucuns habitantz, Ie ne dy rien de ce que la terre en beau
coup de lieux elt esleuée iufques au ciel, qu'elle a les fommetz fihaultzaregarder,tantdefo
Q reftz,tant de vallées rompues, tant de defertz,& autres lieux qui ne font pointhabitez pour
em mille caufes,& tourtesfois c'eft icy la matiere de noftre gloire,Nous auons icy les honneurs,
tél nous yexerçons lesempires, nous y demandons les richeifes, Icyles hommes fonttroubles
ns&efmentes. Nous recommençons icy les guerres civiles,& faifons en nous entretuant que
la terre eft plus vague& moins habitée,pour auoir plus grande domination,qui pourradurer
li un'heure,O quelle folies
me Des Isles. Chap. 3.
Ur ia“yr5le eft une terre enuironnée d’eaues detoutes/parez, Dela vientque toute region quin’eft
itrce point toincteauec lune des trois parties du monde,côme Europe,Afie,ou Affricque, alaquelle onny peutallera pied,eftappelléc isle. Dôty ena plufieurs, côme Angleterre, ZeLlande,Sicille, Cädie Sel en a eu beaucoup de celles cy crées des le comencemétdu mÔ Comment ont
de, auffi y enaileubeaucouplefquelles par{ucceTion detemps font furuenues en la mer, à cfre faiétes les
Ke eduoit Delos. Rhodes Alcne Thot sicille T herafie,& autres&ce pour diuerfes caufes. 15les,
| L'uneeft,que quand un rr@blemér de terre fe iette en la mer, il fe fait en icelleun grâdamaz deVâ terre,la quelle,par fuccefsion detéps,fe lie& unift enfemble,& puis y cômenceent à croiftre ides herbes&des arbres,& la face d’icelle s'approprie pour eftre habitée des hômes, T'outainfi côme quand les standz fleuues entrêr en la mer,& emmenÉtauec eux grande quétite de fa,blon,de laquelle fe faict auec le temps une Isle habitable.Aufsi quäd la mer furieufe fremit côtinuellement pres de la terre il adu‘ent quelque fois qu’elle faict une interruption,& que de laportion qu’elle à arrachée de la terre, s’en faict une Isle. Ce que les Hiftoriens& Cofi mogra,phes ontefcrirde Sicille qui a efte feparée d'Italie , Cypre de Syrie ,&X Eubœæe de Beotie,!’t certainem@tnous ucoions icy une merueilleufepuif'ance de Dieu , en ce qu'ontrouve comunementrant de petites"s!es, en cefte grandmer, lefquelles fouftienentles tempeftes& grandflorzd’icelle,& toutesfois ne bougent de leur place,& ne fonr point noyees de fon inonda-tion. Mais le Seigneur luy a mis fes bornes dict le Prophete lefquelleselle ne peut paffer.CarcAmela mer par la puiffance de Dieu eft gardée en un lieu,afin qu'elle ne retourne,& inon+| de lagerre,auifies Lumites de la terre elle obeyft ay comandement de Dieapeus Soie’,, 2 ft