Vniuerfelle liure IIT. 901
roy,Erqui plus eft,les princes mefmes fe deportäs de tilere& dignire deroy,fe contentoyëed'eftre appellez ducz de Boheme, Toutestois Vladislaus 4. fuccefleur apres le nouveauroy,imperra de l'empereur Frideric la corône royale,et d'eftre appellé roy,copagnonde l'empire Romain, pour recompenfe de ce quil s'eltoir porté vaillanten l'alauc que ledit Frideticauoit donne la ville de Milan:& luy ayantainfi augmente fa dignite, lerenuoya en fonroyaume,& luy donna yn efcu nouveau,afauoir vn lyon de gueules ayant la queuéfours
chue,en champ d'argent.
La diuifion de larcligion en fetesentre les Bohemiens.;
#.F commencement de la diffenfion des Bohemiensfuft ia haynecouverte des efcol-liers.Car comme ainfi foit que l’empereur Charles 4. eucinititue vne vniverfité enJa ville de Prague l’an de falut 137 0.& eut mis grande diligencea la faire valoir,veuÿ qu’il auoit affection aux lettres, voire au milieu de tant de folicitudes de la republizge afsifoit quelque fois aux di(putes que faifoyentles profeffeurs de philofophie,& e-
“ flantaffriandé de la douceur detelles alrercations y demeuroit quelque fois l'efpace de 4.heu
res. Vn iour les gentilz hommes de{a maifon aduertirent qu’il y auoitlong temps que l'heuredefoupper eltoitpaiTee, d'autant qu'ilz fe fentoyent fafchez& ennuyez de ces difputa-tionsrioteufes:& il leur refpondift:AIlez foupper, fivous voulez: voicy ma viande, ouyrparler des lettres: celte viandem'eft beaucoupde meilleur gouft que toures les autres vianydes, Or d’aurant qu'il fembloit bienqu’en cefte vniverfite les Teutoniens emportaffenclepris& honneur par deffus les Bohemiens,le{ditz Bohemiens furent for marriz de ce que leseftrangiers lesfurmontoyent.]ly eneut vnentreeux qui acheta leliure de Jehan VuickleF,auquelbeaucoup de chofes font traitees du droit diuin,ecclefiaique& ciuil,item de l'egli-{e& du clergé.!l l’apporta à Prague ,& apres auoirtire‘argumens d’iceluy, les Bohemiens ,frirent beaucoup de fafcheries aux T'eutoniens.ll y eut pluficurrs outrages,iniures et difenfions& quelque fois les ieunes gens commettoyentdes meurtres. Les l'eutoniens voyanscela, delibererent de quitter la place,& d'aller cercher autre lieu, ou‘1z peuffent eftudiermi-eux à leur aife: tellement qu’il y eut plus de deux mille efcholiers qui fortirentpour vn iourhorsde Prague l’an 14 08.et cheminerent l’efpace de 3.iours,& vinrent Lipfe,ouilzdrefferentvniverfité comme ilz auoyentobtenu congéde faire, lehan Hus avoit pour lors grandbruye, homme de pourerace,forty d'vn village appellée Hus, qui fignifie oye,&printfonnomde là, Dauranc qu'il eftoir homme de grand& vif efpric& bien parlant, il commençadlouër.hautement lehan Vuiclefenuers le peuple,affermant qu’il voudroit bien quandiil fortiroitdumonde,paruenir aulieu ou eftoit!edit Viclef. Les Bohemiens fur cela renouvellezrent la doctrine d’iceluy, laquelle contient les articles fuyuans:lIzrengencle Papeenfonordre,nel’eftimans pointne plus honnorable ne plus grand que les autres euefques,& ne fairfansnulledifferêce entre luy& les autres preftres:& s’il y a rien quirende vn preftrehonnotable,c'eft la fainctete de vie& la bonne doctrine,& nô point la dignité, Item que les amesfeparces des corps s’en vont droit aux peines eternelles ,ou obtiennent tout foudainla viebienheureufe:& qu’il n’y à tefmoignageentoutel’ efcriture, par lequel on puiffe prouverqu'il yaytvn purgatoire,auquel les pechez& offenfes foy&tpurgees,lIzeftiment vne choferidicule de faire oblations& facrifices pour les trefpaflez,& difenc que c'eft vne inuentionde l’auaricedes preftres, Il ne permettent point qu'il y aycimages ne de Dieune des fa,inltz,!1{e moquent des benedictions des eauës, des rameaux& autres chofes femblables.Outreplus ilz maintiennent que lesreligions des mendians ont efté inuêtees parles diables,& que les preftres doiuër renoncer aux richefles,fe côtenter de péfions& reuenuzfimples&honneftes,& ne poffeder nerichefTes ny arg£t: que la predication de la parolle de Dieueft libreyn chafc@/qu'on ne doitendurer aucû vice capital, quelque chofe que par cemoyéoneuite vn plus gfandmal.Si quelcuneft coulpable de mort, ilzle fugent indigne d'aucusnedignite tantecclefiaftique que feculiere,& mefmedifent qu’on neluy doitobeyr.[Iz mainriennét que la confirmation&ç l'extrertie onction ne font point comprinfes entre les facre
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