Vniuerfelle Liure V. 1353Des mœurs des habitans de l’isléHefpaignole.
Eshabitans de cefté isle vfencde quelques racinés enlieudé Pair de racizpain,lefquelles font{emblables'a naueaux,etont ÿtitel gouft nes.qu'ont les chafteignes molles& fréféhes.l1z ont l'or en quelÀ que eltimation: car ilz le pendent aleuts oreilles: I néfor,tent pointhorsde leurs limites;etne cérchent point d'autres peuplespourtrafiqueraueceux.!la cueillent l’or dédäs lé fable d'ynecertasnériuiere,&lefondenten per loppins,&puisen groslingotz&billons.llz n'ont point de beftes à quatre piedz, fino des conilz:ilzontaufsi dés ferpês d’yne grâdeur admirable,lefquel=toutésfois nefontpoint dé mal, Ilz ont destourtorelles fauvages ,déscanes plusgrâdes qué les noftres,éc des oyes qui font plus blâches que cignes,| finoû qu'elles ontla tefte rouge; I1Zont sufsi grâd nôbre depetrosquètz,lés vns verdz,les autres iaulnes,& les autres dediuers plumages,ayantle col azuté.Semblablement on tfouvedu mafticen ceftéÀ islela, del’aloes,& autres chofes femblables,& principalement desgrains rouges, qui font dé gouft plus fortquelépoyure.
Comment Chriftofle Colon apres auoir trouub les isles neufues retournaen Hefpaigne,& dépuis aptes a/
Olon toyéux de ce qu'il auoit ttouvé,delibera deretourneren Heff paigne,voyâtàgprocher Îe printéps.Cependät il=laifla trente huychômes versie roy del’ isle He-{paignolé pour s'enquerir ditigement& efpier les fituations des lieux,la façondefaire des régions,& la naturedes fruiez, bledz& arbres, Et luy apres auoir mis les
voiles au vent mena auec foy dix hômes infulaires s&läprincipalecaufefuft afin quilzapprinfTenc leur lägage par fuécéffion de téps, pource qu’ilz le pouoyét facilemét apprendre,téltre aiféensécéfcrir de noz characteres& letctes imprimees, Leroy
veu que leurlägage peuteitre‘&laroyne feirécbon vifagea Chriftofieainfi qu’ilfe vouloit embarquer pourretoutner;&C
luy donnerécbeauéoup d
ebeauxtiltres,et né voulurét plus qu’il fuftappelle Colon,ains Admiral de lamer Océane. Leroy luy féitequippet 17.barques etdouze fuites séfquellés y audit1 200,hômes muni2de tource qu'il leur fälloit pout la guerte.ll auoitauffi grâdeprouifiodeviures,de femêces de toutes fortés de bledz,des plâtes d’arbres,lé tout pOur metcre eri tétfescar ces gês infulaires n’ontauttes arbres qui ous{oyët cogrieuz,que pins er palmes. L'adméral Colon aufsi delibera de porter auécfoy dé toutes fortés d’inftrumés de fér propres pourbaftir vne ville,ouluy& fes gës fe péuflentretirér pout eltreen féurté.llz partirérdonc desGades le premier iour de Seprébre,& côme le vent léüréftoit favorable, ilz arriuerétle premier our d’Oétobre à l’isté Canarié:& dela toutnäs à gauche nauiger&t vers le midy,& fisnalemét aborderêtà l’isle des Canibales:X poutcé qu'ilzyarriuerentyniour de dimenctig;ilzla nômerentlisle Dominicale.Er apres qu’il eurét cogneu qu’elleeltoitfterile,ilz paîlerent plus outre,& en 2o.fours vinrétiufques à vne autre islé pleine de toutes fortes d'arbres;faquelle rédoit vne odeur merueilleufemée fouefuë. Pour cefte caufe aucuns allechez de[adouceur dulieu,defcenditËr en terre, K ne virent ny hommes ne beftes finon des lifars gräs% merueilles.Izappeilerent celte isle faincte Croix:& cefteisle aufsi eftoit des Canibales,commeilz le cogneurent depuis pateffect.Entournoyant à l’entour de cefte isleilz trouvezrent de petites loges faites de buchés de bois dreffees en forme d’amphiteatre. Car il dre(iceplufieurs arbresenrond, auxquelzilz artachent des poultres& les appuyenten telle forteque cebaftiment cieat ferme. Iz mettent pour couverture des tuilles rondes:& celaeft tèllé
TTte 2 ment
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