140$ De la Cofimographie
Des meurs& facons des Egy-
ptiens,
Es Egyptiens ont eftequafi les premiers d’ont les autres hations ont apprins& resceuloix,fageffe,meurs& reiglede viure.Car nous lifons qu'Homeres'enelt allé lapour apprêdre,Dedalusaufsi,Solon,Platon & plufieursautres. Combien donc qu’(lzayencefte payens& fans dieu,1l fe font neantmoins eftudieza preudhommie&honneftete,& par leur honnefte conuerfationattiroient cômunement les eftrâgers& gensdebien,tellement que c’eftoit a qui y pourroit aller,pour apprendre d'eux ce qu’on ne pouzvoitailleurs trouver. Autresfois leurs femmes auoyent acouftumé de tra fficquer, tenir hoz
Meirscontrai ftelerie, tenirbouticque& marchander. Etau contraireleshommes fe tenoient en la mais
ves énature.
fons'addonnantz a la tiffure, portantz les fardeaux fur la tefte,|& les femmes les portoient furles efpaules. Lesfemmes piifosient tout debout,&les hommes accroupiz.Communementil=defchargeoient leur ventre a lamaifon,& bancquettoientes rues. ll n’yauoit point defemme quiexerçait facrificature n’ydedieun’ydedeelfe.Plufieurs riationstondent leur chef esfune-railles,& lailTent venir leurbarbe. Les Egyptiens au contrairelaifoient venir leurs cheueux,&tondoient leurs barbes=peftriffoientauecles piedz,etmanioient la boue auec les mains.Ilz vfoient au(side circoncifion,& couppoient les genitoires.llz rengeoient leurs lettres a la façon des Hebrieux,dela dextrea la feneftre. Les facrificateurs rafoiet leurs corps detroisioursen trois fours, de paour qu’il ne demouraft quelque ordure fur| eux quâd ilz facrifioiér.NIz portoiët habillemétzdelin fraifche\k{if ment lauez,difâtz qu’ilzeltoiétcircôciz poureftrenetz ,pousÀ ce qu'il vaultmieux eftrenet que beau.ll n° yauoit queles{acri-
—-— ficateurs qui portalTent la robbedelin& les fouliers de papyer,qu’eft vrarbriffeaucroifâten Egypte.llz ne femoiêt point de febues etn’en mengeoiët nôplus decelles quicroifloientaitleurs.li eftoitmefmes defenduauxpreftres de les voir,poutce que c'eft vniegumimmonde llfel’auoienttous les fours d’eaue froide,trois fois de tour,& deuxtois de nuict. Tousles Egyptiés immoloient des beufz& des veaux masles& mondes,l1n’eftoit pas licited’immoler des femelles, pource qu'elles eftoient confacrees a Ifis.Leurviandeeltoit de fin fourment.!lz n’auoient nulles vignes, mais faifoientdubreuua-ge d'orge.llz viuotentaufside poilfTonen partie fec& en partiefallé,aufsid’oyfeauzfallez;de cailles& de canes. Quand plufieurs d'iceux auoientefte enfemble afoupper, deuant quede partir quelcun prenoit vneeffigie de mort qui eftoit faicte de bois,& la portoit devanttous,ou quelque painéture femblable quireprefentoitau vif telle chofe,longue d’ynecoudecou de deux,& la monftranta va chacun de ceux qui eftoientla conuiez, difoir, Regar-de icyenbeuvant& te refiouyfTant, fçachant que tu ferastelcy aprez. Wzvfoientde veite-métzde lin frägezfur les fâbes.La couftume principalle des facrificateurs eftoit, que quâdon auoit amené l’hoftie en la prefencedu roy devant tout le peuple, de prier a haulte voixpourlabonnefante,profperite‘etentiere felicite du roy,exerçätiuftice enuersfes fubiectz:d'avantage de raconter peua peules vertuz du roy, fa pieté enuers dieu& fa religion,?hurmanite‘enuers les hommes ,ledifanceftre continent,iuit
te,magnanime,veritable,liberal,puniflantles coulpables plus doulcement que leur faulte ne requeroit,&recompenfantlesautres plus qu'ilzn'auofentmerite ,adiouftant plufieurs autres chofes:finalementil iettoitfa malediction& execration fur les mefchantz. Et puis il iuftifioit le roy,imputanttoutesles faultes a fes feruiteurs quiluyconfeilloiët mal. Aprezcela il exhortoitle royaheureufevie&'aggreable aux dieux, femblableinenta bonnes meurs,eta faire non pas ce que lesme{chantz fuaderoient,mais ce qui appartiendroit a vertu, Finalement aprez que leroy auoicfacrifié,le preftre mettoiten auât quelques confeilz& actes des facrez livres des excellétzperfonnages