Vniuerfelle liure V I. 1409
perfon nages, par lefquelzle roy eftoit admonnefté de gouverner tuftement& fainctemêt
a leurexemple.llz vfoientdefimple viande, car on n’apportoitrien a leur table que veau
& oylon,& auoient cettaine mefureau vin qu’ilz beuuoient,de forte qu’ilz n'en pouvoienteftreremplizneenyurez,ll femble bien quecefoit vne chofe merueilleufe que les roys d'E- Lalicence desSypreayentmene vne vie priuee,non pas leurefcient,mais par ordonnance dela loy:mmais roix refrenec,ceftbienplus grandmerueille qu'il ne leureltoit pas permis ne d'amafTer argent,ne de punir
aucun par orgueil, parire, ou parautre iniufte caufe, maiseftoient{ubiectz aux loix com
me perfonnes priuvees.Et ne portoient point cela mal a gre, eftimantz qu’ilz feroient bienheureuxobeyflant auxloix,&eque ceux qui fuyuoient leurs conuoitifes faifoient beaucoupdechofesd'ont ilz tomboient en dangier& fentoyent dommage, Lerois vfantzdecefte
iuftice enuers leurs fubietz,gaignoient tellement labienueillance detout le peuple,quen6feulemécles facrificateurs,mais aufsi vnchacë Egyptien avoit plus de foing du falutdu roy
que de fa femme ree de fes propres enfans,Et quandil eftoitmort,tous en faifoient vn dueilcommun,defcirantzleurs robbes, fermant les temples, nefrequentant pointles plaidz,ne Les füunerailsfaifancpoincles feftes, fouillant de boue leutsteftes par l’efpace de{feptante deux fours, f€ les des roix,ceignantz d'vnlinge au deffoubz des mammelles,hommes& femmes» deuxoutrois censentemble fe pourmenoientalentour de la ville deux fois le io ur, renouvelant leur lamenta-tion,ramenteuoy£tles vertuz duroy en chä
tant auec mefure.llz s'abftenoient detoute
viande qui euft euvie, détoute chofe cui
cte, de vin,& de coutappareil de table.1të
de lauemens,d'onguentz,delictz,de com-
pagnie de femme, mais faifoient dueil dur
tant cesiours là en lamentant,côme fi quel
c& auoit perdu fon filz. Au temps que tout
ce qui appartenoit aux funerailles eftoitprepare,audernier on mettoit lecorpz en,
feuely envn coffrea lentreedu fepulchre,
Läilz recitoientfelon la couftume vn fom
maite des chofes que leroy auoit faictes du
tant fa vie,& donnoit on conge a celuy qui vouloitaccuferle deffanct.Les preftres afsiftosientlouantz les promefles du deffunct:le peuple qui eftoitalentour des funerailles,applaus
diffoit aux vrayesIouenges,reclamantaux autres auecgrâdtumulre,D’ontett aduenu que
plufieurs roix onteftéprivez de l'honneur& magnificence acouftumee en leur fepulture,
pource que le peuple y repugnoit, Cela contraignoit les roix de viure iuftement, craignant
l’ire& hayneperpetuelle du peuple alencontre d’eux,
Ts
Les iugemens& loix des Égyptiens.
Estributz qui fontdiuifezentrois parties,le collegedes preftres,qui eften gran- Comment lesÀ deauthoriteentiers le peuple,en prd la premiere portion,pource qu'ilzontla foi tributz eftoiëtÿ licitude des dieux,& que par leur doctrineilz inftruifent beaucoup de gês, Iz ap diftribuez.- pliquoient cefte portion auxminifteres des facrifices,& a leurs commoditez parsticulieres, L'autreportioneltoitaux roix,qui l’'employoientaux guerres a leur entretene-ment&arecompenferles vaillantz perfonnages felon leurs merites. La troifiefmeportioneftoir pour les gendarmes qui eftoient duictz au feruice des guerres, afin que receuât leursgaiges ilz euflent le cueur prompt a fehazarder fans craindre les dangiers. Dauâtage leurpolice eltoitdivifeeen trois fortes de gës,af: çauoir laboureurs,pafteurs,& artifantz.llz neiugeoient pointles caufes a l'aduenture, mais par raifon. Car ilz eftimoient que les chofesdroictement faictes proffittoient beaucoupa la vie des hommies:& que de punir les coulpales, de fubuenir aux oppreifez,c’eftvne bonne voye pour empefcher les mesfaitz: maisd'abolir la peine de l’oftenfe ou par argent ou pargrace,cela engendre vne confufion entreles hômes,Les anciennes loix des Egyptiens ontcitetelles. Les periures perdoient la refte,come gens qui auoient meffaictdoublement& qui auoient violeélapiete enuers les dieux; 1 NUYy 3. Xl