viij Notice
citoyens , je vais remettre fous leurs yeux, l’étatpafle de l’adminiftration qui entravoit le com-merce , & ajouter à la jouiffance de leur bonheur,le fouvenir d’un malheur qui, n’eft plus.
Le royaume de France, confidéré par rapportaux droits impofés fur le commerce, préfentoitle fpeétacle du raffemblcment d’un grand nombrede petits royaumes fédérés , unis par quelquesintérêts communs, mais divifés par celui de leurcommerce. Le Rhône , ce fleuve rapide , célèbrepar l’utilité de fa navigation , étoit hériffé debureaux de traite & de péages, dont les commisforçoient les navigateurs à s’arrêter , foit pourpayer des droits , foit pour remplir des formalitésconfervatoires de ces droits, dans les cas mêmeoù ils n’étoient pas dûs. Qui le croiroit ? Il fal-loit acquitter des droits & fubir des vifites, lorf-qu’on paffoit du Languedoc en Dauphiné , deProvence en Dauphiné, de Dauphiné eu BrelTe,de BrelTe en Franche-Comté , de Franche-Comté en Bugey & en Champagne , de Bourgogne euLyonnois , de Champagne en Lorraine ; & cettedernière province, qui avoit le privilège de com-muniquer librement avec l’étranger, étoit embar-raflee, dans fon intérieur, de petits droits plusincommodes encore par leur multiplicité que parleur quotité ( i ). Les Trois-Evêchés , pays traité
( i ) On doit à M. Rœderer d’avoir éclairé la Lorraine & lesEvêchés fur leurs véritables intérêts.