XI
Historioue,&c.
étoit un entrepôt de contrebande étrangère, quela vigilance la plus aétive ne pouvoit pas écarterde la partie fituée en Champagne . La confufionmême à cet égard, étoit telle, qu’il y avoit desvillages, dans lefquels l’habitant avoit le droitde fe conftituer Lorrain ou Champenois , par unedéclaration faite au greffe du lieu. Par ce moyen ,il arrivoit qu’une maifon à deux étages étoit dedeux provinces différentes. S’il plaifoit au loca-taire du premier d’être Lorrain, & à celui dufécond d’être Champenois , alors le Lorrain rece-voit, fans payer aucun droit, les marchandifesqui arrivaient de l’étranger, & le Champenois,en les déclarant pour fon compte au bureaud’entrée du royaume, les affranchiffoit de tousdroits, & leur ôtoit le caraélère de prohibition ;il lui fuffifoit d’avoir chez lui quelques métiersou uflenfiles propres à manufacturer ce qu’il in-troduifoit.
La frontière de la Savoie offroit, de fon côté,le fpeétacle d’une introduction auffi curieufe.Le ruiffeau du Guiers fépare les deux royaumes.Il leur eft commun, fans appartenir à l’un ni àl’autre. Les rives, des deux côtés, forment lafrontière de chaque Souveraineté , & les traitésfaits entre les deux nations, en affurent la neu-tralité. Les négocians contrebandiers du Pont-Beauvoifin, profitant de cette localité, tendoientd’une maifon fituée fur la partie Savoie , à une