sur l’Éducation. 77beau mot, prendre le temps le plus pro-pre, tandis qu’il joue & qu’il a le cœurouvert par la tendresse, afin que les pa-roles entrent plus doucement, & qu’ilne fente que du plaisir en apprenant cequ’il doit apprendre.
Laissez donc jouer un enfant; maisveillez fur lui dans ses heures même derécréation. Présidez à ses jeux toujourscomme maître, & rarement comme égal,pour ne pas compromettre votre auto-rité. C’est dans ces heures de liberté qu’unenfant se fait mieux connoître : un maîtrehabile sait en profiter, & faire tournerle plaisir même à l’utilité de son éleve.C’est le moment de l’accoutumer à ladouceur, à la complaisance, à la mo-dération , à la politesse ; de lui apprendrefur-tout à être beau joueur ; ce qui faithonneur dans la société.
Mêlez l’instruction avec le jeu: maisquittez les leçons dès qu’elles peuventennuyer. Que la sagesse ne se montre àlui que par intervalles & avec un visageriant, bernez de fleurs l’aurore de fa vie,& cachez toujours les fruits fous lesfleurs. S’il se faisoit une idée triste &sombre de ses devoirs , vous travaille-riez en vain à lui en inspirer l’amour.
Cette regle de rendre l’instructionagréable à un enfant doit être sans excep-tion. Il faut meme que dès le premier
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