78 Réflexions préliminairesmoment où l’on aura jugé convenablede lui apprendre à lire , on lui en falleun an usement & un plaisir. On y réus-sira si l’on ne s’y prend pas trop tôt,& si l'on a foin d’exciter en lui le désird’apprendre. „ On se fait une grandeatia-'re, dit M. RonJJeau, de chercherles meilleures méthodes d’apprendre àlire : on invente des bureaux , des cartes ;on fait de la chambre d’un enfant unatteücr d’impr'mcrie. Locke veut qu’ilapprenne à lire avec des dés. Ne voilà -t- il pas une invention bien trouvée?Quelle pitié! un moyen plus sûr quetous ce ux-là , & qu’on oublie toujours,est le désir d’apprendre. Donnez à l’en-fant ce désir, puis Îaissez-Jà vos bureaux& vos dés, toute méthode lui fera bonne.L’intérêt présent, voilà le grand mobile,le seul qui mette sûrement & loin unenfant “.
Cherchez donc tous les moyens de luifaire aimer les choses que vous exigez delui. En avez-vous quelqu’une de difficileou de désagréable à proposer: faites-luientendre que la peine fera bientôt suiviedu plaisir. Faites-lui connoître futilitédes choses que vous lui enseignez : fanscela l’étude lui paroîtroit un travail sté-rile & épineux. Rendez-lui raison de toutce que vous lui enseignez. Montrez-lutoujours un but solide & agréable qu