8o Réflexions préliminairesM. Fleury , dans son Traité furies étu-des , approuve cette méthode , qui paroitpréférable à celle de faire apprendre lelatin aux enfans dès l’âge de cinq ou sixans, comme on le fait souvent en France .C’est forcer leurs fibres tendres & déli-cates , c’est les exposer à concevoir dudégoût pour l’étude, qui est la sourcedes plus belles & des plus utiles con-noiflances. Les enfans aiment l’Histoire.Ne seroit-il pas plus à propos de com-mencer par-là? On les instruiroit en lesamusant, on les accoutumeroit insensi-blement & agréablement au travail, jus.qu’à l’âge de dix ou douze ans que l’onpouroit commencer les premiers princi-pes de la langue latine : ils y firoient
rable à celui de Reßaut. Quoiqu'on puisse encore leperfectionner, c’est ce que nous connoiflons de mieuxen ce genre. On pouroit en même temps, pour exercerSi cultiver laménioire des enfans, leur faireappiendrepar cœur les plus belles fables des meilleurs FabulistesFrançois, & fur-tout de La Fontaine , dont plusieursfont des chefs-d’œuvre d’une iimplicisé ingénieuse.i\lais comme elles ne- font pas toutes, à beaucoupprès, de la même beauté, & qu’il y en a mêmequ’il ne feroit pas à propos de faire lire aux enfans ,il faut fe borner à leur faire apprendre Sc déclamerles plus belles & les plus riantes, i.es vers fontexcellens pour commencer à exercer la mémoire;ils ont fur la prose l’avantage d’entrer plus facilementdans le dépôt de nos connoifîances : leur cadence& leur harmonie triomphent de la mémoire la plusdure & la plus obstinés.