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de faire un présent d’une maniéré plus
ingénieuse & plus obligeante.
C’est sottise de donner de mauvaisegrâce. Le plus difficile est de donner jque coûte-t-il d’y ajouter un sourire?En faisant du bien , ne faites point dereproches; & quand vous obligez, quevotre visage & vos paroles obligent en-core plus. La tristesse de celui qui donne,offense celui qui reçoit, & ôte tout leprix du bienfait. Quelqu’un se plaignoitque le Cardinal Mazarin donnoit demauvaise grâce : On a tort de se plaindre,dit le Comte de-Buffi ; on eji plus obligéà ce Ministre qu'aux autres, car en don-nant il décharge de la reconnais)ance.
Les maniérés dures & impolies de cer-taines personnes gâtent tout le .bienqu’elles font. Mon fils, dit le Sage, nemêlez pas les reproches aux bienfaits, &ne joignez jamais à votre présent des pa-roles tristes & affligeantes. La douceur desparoles vaut mieux que le présent même ( i ).M. Thompson, Auteur du beau Poëmedes Saisons, étoit pressé par un créan-cier. M. Otiin l’ayant appris, vint letrouver, & lui dit qu’il étoit son débiteurde cent livres sterlings ( %}, parce qu’il