des Mœurs. 46s
avoit résolu de faire des legs à ses amis& à ceux qui lui avoient fait plaisir : J’ailu , .ajouta-t-il, avec un plaisir inexprima-ble votre excellent poème , U j’ai cru qu’ilvalait mieux vous payer de mon vivant Ulorsque vous en avez besoin , que <f attendreà le faire après ma mort.
Cette maniéré de faire du bien, est unsecond bienfait. Louis XIV en usoit demême : il ajoutoit presque toujours quel-que chose de gracieux aux grâces qu’itaccordoit. Quand il donna l’Evêché deNismes au célébré Abbé Fléchier , il luidit : Ne soyez pas surpris fis ai récompenséß tard votre mérite ; j’appréhendois d’êtreprivé du plaisir de vous entendre prêcher Tsi je vous faifois]Evêque . Dès que la richeAbbaye de Saint-Germain-des-Prez futvacante , il y nomma le Cardinal d’EC.trées, & lui dit: A peine ai-je appris lamort du Cardinal de Fursiemberg , que jen’ai pas voulu vous laisser le temps dedemander son Abbaye ni même de lasouhaiter.
Si votre rang vous met dans le cas derépandre des grâces, tâchez de le faireaussi gracieusement. Lorsque vous pou-vez donner dans le moment même , nepermettez pas qu’on vous sollicite. Cen’est pas être libéral que de céder à l’im-portunité , c’est acheter ion repos. Onne donne qu’à demi, lorsqu’on ne donne