4 66 L’ É c o l e
pas dès le jour qu’on peut donner. Ilsemble par ce délai qu’on cherche dutemps , pour trouver les moyens de nerien accorder ; c’est témoigner au moinsqu’on n’oblige pas avec plaisir.
Il vaudroit mieux en quelque forterefuser nettement & tout d’abord, quede faire trop attendre. C’est une especede bienfait, que de refuser sur le champ.Un Gentilhomme étoit venu à la Courde Jean II , Roi de Portugal, pour de-mander une grâce. Le Prince la lui refusadès la première audience. Le Gentil,homme remercia Sa Majesté avec unegrande effusion de cœur. Le Roi croyantqu’il ne l’avoit pas compris, lui demandas’il n’avoit pas entendu qu’il lui avoirrefusé sa demande. Oui , Sire , réponditle Gentilhomme , U c’est pour cela mêmeque je remercie Votre Majesté. En me refu-sant sur le champ , elle me dispense derester plus long - temps à la Cour , pour ysolliciter inutilement ce que je ne devoispas obtenir. Le Prince sourit à cette ré-ponse inattendue, & lui accorda ce qu’ildemandoit.
Il estauisi louable de refuser avec rai-son, que de donner à propos. Si vousne pouvez pas accorder ce que l’on dé-sire ; qu’on voie qu’il vous en coûte pourrefuser. Diminuez la honte du refus pardes paroles gracieuses ; & adouciriez ce