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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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( II )

caché ou confondu dans ce quon appelle improprement aujourdhui le fondsd'amortijfement, eft balancé par des Emprunts, en forte que le gage des créan-ciers eft véritablement imparfait.

Sur le Crédit public.

Il fembleroit, au premier coup-dœil, que le tableau confolant que jeviens de mettre fous les yeux de Votre Majesté, fuffiroit pour écartertoute idée dembarras & pour fe livrer à la plus parfaite tranquillité ; mais telleeft limportance & la nccefiîté du Crédit dans les temps extraordinaires, queû ce Crédit nexiftoit pas, que sil étoit circonfcrit dans de trop juftes bornes,les difficultés séièveroient de toutes parts, & la confufion pourroit naître àcôté du meilleur état des Finances.

En effet, on voit bien quune exaéte balance entre les revenus & lesdépenfes , eft tout ce quil faut à un royaume qui jouit du bonheur de lapaix ; il neft point obligé de recourir à des Emprunts, puifque fes revenusfuffifent à fes befoins , & la confiance publique pourroit, en quelque manière,lui être indifférente : mais la guerre contraignant à chercher des fecours ex-traordinaires , il faut trouver des capitaux pour y fuffire ; & comme les cir-. conftances font impérieufes, fi le Crédit manque, les embarras naiffent, unepremière opération forcée en entraîne dautres, les befoins du moment luttentcontre la juftice du Souverain, lAdminiftration fe trouble, & les effets dudiferédit, peuvent quelquefois rexTembler momentanément, au défordre & àla fubverfion entière des Finances.

Mais fi le maintien du Crédit eft intéreflànt pour les créanciers de lÉtat,sil importe à, la puiffance du Souverain , il eft également précieux aux Con-tribuables, puifque ceft par le crédit quils font préfervés de ces tributs au-deffus de leurs forces, que la néceffité commanderoit, peut-être, & malheu-reufement au milieu des circonftances les peuples ont le plus befoin deménagement, puifque déjà la guerre elle-même eft une forte dimpôt, parla ftagnation du Commerce & le ralentiffement du débit des productionsnationales.

Sans doute, le Royaume de Votre Majesté eft de tous ceux delEurope , celui qui réunit le plus de facultés pour fubvenir à ces Impôts

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