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Armées difcipHnêes quand les Voifins qui l’entourent, déploient pareillementleurs forces militaires.
Ayant donc fenti toute l’importance du Crédit' en France , il étoit dudevoir de ma place d’y donner la plus grande attention. Je n’ai pu mécon-noître qu’on avoit fait depuis la dernière paix , tout ce qu’il falloit pourdétruire la confiance ; tandis que dans ce long efpace de tranquillité , il eutété fi facile de faire oublier les opérations fàcheufes de la dernière guerre,& d’établir un ordre & une régularité dans les Finances , qui euffent ménagéà Votre Majesté des moyens de puifïance extraordinaire; mais ce tempsfavorable a été perdu, & les dépendes ayant conllamment excédé le montantdes revenus, il a fallu y fuppîéer par des Emprunts & des circulations im-modérés , dont le poids a fini par entraîner toutes les fufpenfions de payemens,& toutes les réductions d’intérêts arrivées en 1771 ; auffi le Crédit s’en étoittellement reffenti, que lorfque je fuis entré en place , les Capitaliftes pouvoientplacer leur argent à un intérêt de Six & deux tiers pour cent en Rentesperpétuelles, vu que les Contrats fur l’Hôtel-de-ville, portant Quatre pourcent d’intérêt, ne valoient que Soixante ; & c’eft à cette même époque quela guerre ou fes préparatifs ont commencé.
Quelle différence entre cet état du Crédit, & le prix des fonds publicsau commencement de la précédente guerre ! L’on avoit peine alors à trouverdes placemens à Quatre & demi pour cent ; & les contrats fur les Polies ,qui ne portoient que Trois pour cent d’intérêt , étaient montés jufqu’àQuatre-vingts: cependant en 1779, trois ans feulement après la guerre , lepayement des Refcriptions fut fufpendu, celui des Gages fut arrêté, & l’onexcita les particuliers à porter leur vaiffelle à la Monnoie, pour la convertiren Efpèces.
Je crois donc pouvoir préfenter à Votre Majesté , comme un mériteou comme un bonheur, qu’après être parti d’une pofition bien différentede celle de 1776, &.après quatre ans de guerre ou de préparatifs, le Créditn’ait fouffert aucune atteinte, quoique Votre Majesté en ait fait un ufagetrès-étendu ; on pourroit même dire avec vérité qu’au contraire ce Crédit apris des forces, & l’on en peut juger d’une manière fenfible par le prix desfonds publics : l’on voit qu’au mois de Septembre 1776, & fur de fimples