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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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Armées difcipHnêes quand les Voifins qui lentourent, déploient pareillementleurs forces militaires.

Ayant donc fenti toute limportance du Crédit' en France , il étoit dudevoir de ma place dy donner la plus grande attention. Je nai pu mécon-noître quon avoit fait depuis la dernière paix , tout ce quil falloit pourdétruire la confiance ; tandis que dans ce long efpace de tranquillité , il eutété fi facile de faire oublier les opérations fàcheufes de la dernière guerre,& détablir un ordre & une régularité dans les Finances , qui euffent ménagéà Votre Majesté des moyens de puifïance extraordinaire; mais ce tempsfavorable a été perdu, & les dépendes ayant conllamment excédé le montantdes revenus, il a fallu y fuppîéer par des Emprunts & des circulations im-modérés , dont le poids a fini par entraîner toutes les fufpenfions de payemens,& toutes les réductions dintérêts arrivées en 1771 ; auffi le Crédit sen étoittellement reffenti, que lorfque je fuis entré en place , les Capitaliftes pouvoientplacer leur argent à un intérêt de Six & deux tiers pour cent en Rentesperpétuelles, vu que les Contrats fur lHôtel-de-ville, portant Quatre pourcent dintérêt, ne valoient que Soixante ; & ceft à cette même époque quela guerre ou fes préparatifs ont commencé.

Quelle différence entre cet état du Crédit, & le prix des fonds publicsau commencement de la précédente guerre ! Lon avoit peine alors à trouverdes placemens à Quatre & demi pour cent ; & les contrats fur les Polies ,qui ne portoient que Trois pour cent dintérêt , étaient montés jufquàQuatre-vingts: cependant en 1779, trois ans feulement après la guerre , lepayement des Refcriptions fut fufpendu, celui des Gages fut arrêté, & lonexcita les particuliers à porter leur vaiffelle à la Monnoie, pour la convertiren Efpèces.

Je crois donc pouvoir préfenter à Votre Majesté , comme un mériteou comme un bonheur, quaprès être parti dune pofition bien différentede celle de 1776, &.après quatre ans de guerre ou de préparatifs, le Créditnait fouffert aucune atteinte, quoique Votre Majesté en ait fait un ufagetrès-étendu ; on pourroit même dire avec vérité quau contraire ce Crédit apris des forces, & lon en peut juger dune manière fenfible par le prix desfonds publics : lon voit quau mois de Septembre 1776, & fur de fimples