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Guidé par une idée auffi fimple , je n’ai admis qui que ce foit àpartager les bénéfices de Votre Majesté fur la fabrication des M011-noies ; & l’on ne fauroit trop pofer en principe , que tout retour auxanciens erremens feroit un facrifice abfolument inutile de la part duTréfor royal.
J’ai propofe à Votre Majesté de rendre une Loi , fur la comp-tabilité des Directeurs des Monnoies ; elle étoit bien nécelfaire, puifquecette comptabilité étoit en arrière depuis 17^9, par l'effet d’une anciennedifcullion fur la manière dont ils compteroient de leurs opérations,lefquelles font en effet foumifes à diverfes difficultés, & expofées à uneconfufion facile ; mais l’ordre le plus exaét paroit maintenant y êtreapporté.
Un autre objet excitoit la réclamation générale du Public , c’étoitl’ufage de délivrer dans les payemens, des Sous enfermés dans des facs ,ufage qui avoit introduit la facilité d’y mêler beaucoup de mauvaife Monnoie ;& cet abus porté à Ion comble, exigeoit indifpenfàblement un remède.Votre Majesté vient d’y pourvoir efficacement par l’Arrêt qu’Elle a rendunouvellement à ce fujet, & Elle a ramené l’emploi de cette Monnoie à favéritable deftination.
Votre Majesté a promis en même temps de fixer un prix auquelce Billon , qui eft mêlé d’Argent & de Cuivre , pourroit être reçu auxHôtels des Monnoies, afin d’ouvrir ce débouché aux particuliers qui enferoicnt trop chargés ; mais comme on n’évalue qu’à Dix ou Douze millionsla fomme de ces petites pièces dans le Royaume, & que toutes celles quifont actuellement dans les Cailfes de Votre Majesté , feront fupprimées,il eft probable que le furplus retournera peu-à-peu dans la circulation dedétail, jufqu’à ce que Votre Majesté juge à propos d’en ordonner unerefonte générale.
Je dois obferver à cette occaflon , qu’on fe prépare des embarras, enretardant trop long-temps le renouvellement des Efpèces courantes, parceque leur poids diminuant infenfiblement par le frottement & la vctuffé,on ne peut éviter une perte confidérable ou pour le Prince ou pour fesSujets , iorfque l’empreinte abfolument effacée, oblige néceffairement àcette opération.
TROISIÈME