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TROISIÈME PARTIE.
Je vais maintenant retracer les principales difpofitions d’Adminiftration queJ’ai propofées à Votre Majesté, & qui, n’ayant point de rapports immédiatsavec l’augmentation de fes revenus, n’iiitéreffoient que le bonheur de fesfujets.
Je pourrais obferver d’abord, que c’eft fans doute y concourir fenfiblement,quoiqu’indiredtement, que défaire des réformes , & de propager les économiespar Pétabliiremenc de l’ordre & le retranchement des abus. Ils euffent fenti, vosPeuples, cette vérité d’une manière bien fr. ppante , fi la continuation delà paixeût permis à Votre Majesté d’appliquer le fruit de tant de foins à diminuerle poids de leurs Impôts, à modifier falutairement ceux qui font indifpenfa-bles, à faire baüïer l’intérêt de l’argent par des Rembourfemens, à ouvrir desCanaux, à féconder le Commerce, à multiplier enfin tous ces biens de diiférensgenres, qui fe préfentent chaque jour aux regards de l’Adminiftration, dèsqu’elle peut répandre des encouragemens & faire quelques facrifices. Et fij’ofois mêler un fentiment particulier à de fi grands objets, c’eft un bonheurque j’euife vivement fenti ; & au bout de tant de peines, fi j’avois pu goû-ter cette douce fatisfadlion , j’euffe eu le prix auquel je defirois d’atteindre ;mais la Providence en a ordonné autrement. Sans doute qu’aux yeux del’homme qui réfléchit, c’eft peut - être un mérite égal en Adminiftration,de préferver l’Etat, au milieu de la guerre, de nouveaux Impôts permanens,ou de foulager les Peuples, à la faveur de la paix, d’une partie des chargesqu’ils fupportent. Mais quelle différence aux yeux de la multitude! La ga-rantie d’un mal eft une idée fugitive qui lui échappe ; ce ne font que lescliangemens de pofition qui la frappent.
Quelle différence auffi pour le repos de PAdminiftrateur ! car eût - onpu blâmer la févérité de fes principes, eût-on ofé élever fi fouvent la voixcontre tant de réformes, fi à l’époque de chacune, Votre Majestéeût fupprimé ou diminué une impofition , ou qu’Elle eût ordonné denouveaux Établilfemens utiles à Ibn Royaume? mais je détourne mesregards de ce tableau, il ne fera que trop préfent à mes regrets ; je neveux pas d’ailleurs affliger le cœur jufte & fenfiblc de Votre Majesté,
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