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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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figues diftinctifs , & dès-lors leurs Étoffes confondues extérieurement avectoutes les Etoffes étrangères, étoient de même fujettes à des faiûes : lAdmi-niftration cherchait bien a tempérer dans lès décisions, la rigueur des Loix,mais le Commerce nétoit pas moins expofé à des difculfions & à des lenteurs.

Dun autre côté pour aplanir tous ces obftacles , anéantir abfolument,& par une Loi pofitive toute cfpèce de règlemens, de marques ou dexamens,cétoit rifquer la réputation des Fabriques françoifes, cétoit ôter aux Comoar-mateurs étrangers & nationaux la bafe de leur confiance, enfin cétoit aller con-tre les idées des vieux Fabricans qui avoient vu leurs Manufactures & cellesde leurs pères, profpérer à lombre des Loix dordre.

Ceft au milieu dune pareille confufion & de ce combat de principes, queje me fuis occupé avec M. rs les Intendans du Commerce, des moyens dapla-nir ces difficultés & de concilier les différentes vues dAdminiftration. Loncroit y être parvenu par les Lettres patentes que Votre Majesté a renduesau mois de mai 1779 , & dont toutes les difpofitions tendent à ménagerà lefprit inventif des Manufacturiers fon effor & fa liberté, fans priver lesÉtoffes qui feraient fabriquées daprès danciennes règles , du fceau qui Pattefte.On a penfé auffi quil étoit effenticl de Amplifier ces règles, afin de rendreleur obfervation plus facile & moins contenticufe, & ceft ce qui a été exé-*cuté par diverfes Loix qui ont fuivi les Lettres patentes dont je viens de parier.

En même tems que jai donné une attention générale aux Loix fonda-mentales des Manufactures, jai cherché à encourager celles qui manquoientencore en France , & je puis affurer Votre Majesté que le génie de fesSujets eft tellement propre aux Arts & aux Manufactures , que PAdminiftracionna pas befoin de fe déterminer à beaucoup de ficrifices, pour faire jouirle Royaume de toute létendue & de toute la perfection dinduftrie qu011 peutdefirer encore. Lelfentiel eft de protéger cette induttrie par des Traités qui foientfavorables au Commerce.

Ce neft pas cependant que les différentes fortes de Manufactures foientégalement répandues dans vos Provinces , mais cette uniformité neft pasnécelfaire; peut-être même y a-t-il des inconvéniens à vouloir, par de tropgrands encouragemens, établir dans certains, lieux les mêmes Fabriques qui