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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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profpèrent ailleurs delles-mêmes, ceft excicer des jaloufies & expofer lAd-miniftration à agir fans celle.

Jai vu naître auffi beaucoup démulation de linffitution que VotreMajesté a faite dun Prix annuel en faveur de linvention la plus utile au-Commerce & aux Manufactures. La gloire de toute efpèce eft lheureuxmobile des François, & lon peut dans toutes les Adminiltrations tirer ungrand parti de ce noble & brillant caradère.

Il eft des Arts diftingués qui ne font point du département des Finances :mais ils lintércifent infiniment par leur influence fur le Commerce & fur lesManufactures. Dailleurs, celt en partie par la célébrité des Arts & par leurperfection, quon attire dans un Royaume les Voyageurs & les Étrangers ; &Je ne crains point de dire que la dépenfe de ces Étrangers dans vos Etats, eftlin des meilleurs Commerces de votre Royaume. On préfume , daprès dif-férons renfeignemens , quen temps de paix , ces dépendes occasionnent unvetfement en France de plus de Trente millions par an.

Je crois donc, Sire , quil importe à la profpérité de lÉtat que lestalens diitingués y foient excités & favorifés, dautant plus quaujourdhui,fuit que les hommes fupérieurs foient rares , foit que les Arts foient affezavancés pour quil devienne difficile délever la tête au-de (fus des rangs or-dinaires, Votre Majesté ne fera obligée quà une très-petite dépenfe pourménager à fou Royaume tout léclat quil peut tirer de la réunion deshommes célébrés.

Foéds 0? Mesures.

Je me fuis occupé de lexamen des moyens quil faudrait employer pourrendre les Poids & les Mefures uniformes dans tout le Royaume ; mais jedoute encore fi lutilité qui en réfulteroiï ferait proportionnée aux difficultésde toute efpèce que cette opération entraînerait, vu les changemens déva-luation q.uil faudrait faire dans une multitude de contrats de rente, de de-voirs féodaux , & dautres actes de toute efpèce. Je nai pourtant point en-core renoncé à ce projet; & jai vu avec fatisfaclion, que lAifemblée de lahaute Guyenne lavoit pris en confidération. Ceft en effet un genre damé-lioration quon peut entreprendre partiellement; & lexemple dun heureuxfuccès dans une Province, pourrait influer effentiellement fur lopinion.