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Compte Rendu Au Roi / Par M. Necker, Directeur général des Finances. Au mois de Janvier 1781 : Imprimé par ordre de Sa Majesté
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prépare avec foin lexécution de cette vue charitable & politique, dont lefuccès devient plus defirable à meliire que la corruption sétend, & que fesfunelles effets gagnent les campagnes.

Les hôpitaux de Paris , ce réceptacle de malheureux de toute efpèce, ontoffert à Votre Majesté piufieurs biens à faire; déjà les paralytiques, leshommes attaqués du cancer & dautres maladies rebutantes, qui pendant long-temps ont été rcfferrés & confondus dans des lieux dont on ofoit à peineapprocher, font aujourdhui féparés avec beaucoup dordre & dans un plusgrand efpace , & chacun deux jouit dun lit particulier. Cette grande amé-lioration, peu connue, parce quelle sett frite dans des afyîes de douleur dontle Public détourne fes regards, eft une des grandes charités particulières queVotre Majesté ait pu faire. On fe prépare de plus à augmenter les bàti-mens néceffaires pour ne plus lailfer expofées aux injures de lair les femmesdont lefprit eft aliéné; & conformément aux ordres de Votre Majesté,lon soccupe auffi à établir des Infirmeries dans tous les Hôpitaux deftinésaux pauvres valides, afin quau moment iis tombent malades, on nefoit plus forcé de les tranfporter à lHôtel-Dieu. Enfin, la dépenfe confi-dérable de ce dernier Elôpital, a pareillement fixé mon attention, ainfi quele fpedacle de tant de malades raflemblés dans les mêmes lits. Si lonna pas encore propofé à Votre Majesté un plan damélioration à cetégard, ce neft pas quon nait déjà tenté toutes fortes de moyens diffié-rens pour fatisfaire aux fentimens dont Votre Majesté eft animée;mais quoiquon nait pas encore pu vaincre les difficultés de touteefpèce qui fe font préfentées , ceft une œuvre trop intéreflànte pourêtre abandonnée, & jai même les plus grandes efpérances dobtenir incef-funment un fuccès defiré depuis fl long - temps. Déjà V O T R EMajesté, en ordonnant il y a deux ans létabliifement dun Hofpice dansla paroiffe de Saint - Sulpice, a eu principalement en vue de connoitrsavec précifion & par expérience, le prix auquel pouvoit revenir dans Paris la journée des malades tenus feuls dans chaque lit, & traités avec tout lefoin quon peut raifonnablement deflrer. Ces comptes ont été imprimés, &vont lêtre pour la fécondé année : il en réfulte que toutes dépenfes com-prifes chaque journée de malade coûte moins de dix-fept fous tandis quecelles dun grand Hôpital de Paris reviennent à vingt-quatre ou vingt-cinqfous.

Jai