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prépare avec foin l’exécution de cette vue charitable & politique, dont lefuccès devient plus defirable à meliire que la corruption s’étend, & que fesfunelles effets gagnent les campagnes.
Les hôpitaux de Paris , ce réceptacle de malheureux de toute efpèce, ontoffert à V’otre Majesté piufieurs biens à faire; déjà les paralytiques, leshommes attaqués du cancer & d’autres maladies rebutantes, qui pendant long-temps ont été rcfferrés & confondus dans des lieux dont on ofoit à peineapprocher, font aujourd’hui féparés avec beaucoup d’ordre & dans un plusgrand efpace , & chacun d’eux jouit d’un lit particulier. Cette grande amé-lioration, peu connue, parce qu’elle s’ett frite dans des afyîes de douleur dontle Public détourne fes regards, eft une des grandes charités particulières queVotre Majesté ait pu faire. On fe prépare de plus à augmenter les bàti-mens néceffaires pour ne plus lailfer expofées aux injures de l’air les femmesdont l’efprit eft aliéné; & conformément aux ordres de Votre Majesté,l’on s’occupe auffi à établir des Infirmeries dans tous les Hôpitaux deftinésaux pauvres valides, afin qu’au moment où iis tombent malades, on nefoit plus forcé de les tranfporter à l’Hôtel-Dieu. Enfin, la dépenfe confi-dérable de ce dernier Elôpital, a pareillement fixé mon attention, ainfi quele fpedacle de tant de malades raflemblés dans les mêmes lits. Si l’onn’a pas encore propofé à Votre Majesté un plan d’amélioration à cetégard, ce n’eft pas qu’on n’ait déjà tenté toutes fortes de moyens diffié-rens pour fatisfaire aux fentimens dont Votre Majesté eft animée;mais quoiqu’on n’ait pas encore pu vaincre les difficultés de touteefpèce qui fe font préfentées , c’eft une œuvre trop intéreflànte pourêtre abandonnée, & j’ai même les plus grandes efpérances d’obtenir incef-funment un fuccès defiré depuis fl long - temps. Déjà V O T R EMajesté, en ordonnant il y a deux ans l’établiifement d’un Hofpice dansla paroiffe de Saint - Sulpice, a eu principalement en vue de connoitrsavec précifion & par expérience, le prix auquel pouvoit revenir dans Paris la journée des malades tenus feuls dans chaque lit, & traités avec tout lefoin qu’on peut raifonnablement deflrer. Ces comptes ont été imprimés, &vont l’être pour la fécondé année : il en réfulte que toutes dépenfes com-prifes chaque journée de malade coûte moins de dix-fept fous tandis quecelles d’un grand Hôpital de Paris reviennent à vingt-quatre ou vingt-cinqfous.
J’ai