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La Loi que Votre Majesté a rendue à ce fujet a été reçue avecreconnoiffance : pluiieurs Seigneurs ont affranchi leurs ferfs à l’imitation deVotre Majesté, & dans ce moment le Chapitre de Saint-Claude répon-dant à vos invitations, va rendre la liberté à fes Main -mortables moyennantun léger cens pareil à celui fixé dans vos Domaines. Je cite cet exempleà caufe du bruit qu’à fait pendant long-temps le procès que ce Chapitre a fou-tenu, mais après s’être refufé à ce qu’on lui demandoit comme un droit &y avoir été autorifé par un arrêt du Parlement de Befançon, ce même Cha-pitre s’eft déterminé à l’accorder par efprit de conciliation, & fur - tout parline refpectueufe déférence aux defirs de Votre Majesté*
Hôpitaux & Prifons.
Je ne puis mieux finir ce Mémoire qu’en rappelant à Votre Majestéles foins qu’Elle s’eft donnés pour adoucir, même au milieu de la guerre,le fort de la claffe la plus malheureufe de fes Sujets. Elle a cru, pour ainlldire, qu’Elle ne pouvoit différer au lendemain les fecours predàns qu’exigel’Humanité fouffrante. Prefque tous les Hôpitaux du Royaume n’ont pas desrevenus fuffifans ; j’ai propofé à Votre Majesté de les exciter à vendredes immeubles qui lie leur procurent qu’un très-petit intérêt, & de leur ou-vrir un emplacement au denier Vingt, fufceptible encore d’augmentationjtoutes les précautions poflibles ont été prifes pour affurer la folidité & laconfiance.
Il venoit à Paris chaque année deux mille Enfans-trouvés des lieux lesplus éloignés de la Province, dont à peine un dixième échappoit à la mort,ou atteignoit l’àge de lix mois; j’ai propofé à Votre Majesté de prévenirees tranfports inhumains, en les défendant par un arrêt de fon Confeil, &en pourvoyant momentanément à la fubfiftance de ces infortunés dans lesdifférentes Généralités d’où l’on s’étoit habitué à les expédier pour Paris , cequ’on exécutoit fans aucune précaution , & le plus fouvent par des voiturespubliques. Meilleurs les Intendans ont veillé fur l’obfervation de ces difpo-fitions bienfaifantes, & dans peu j’elpère qu’il n’y aura plus d’infraétion.
Votre' Majesté a de plus ordonné qu’on s’occupât de nouveau del’effai d’un Etabliifement pour nourrir les enfans avec du lait de vache. On