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ou pour ies rappeler même à la personnequ’elle a obligée, Elle croiroit en perdrele mérite & la gloire , li elle les temet-• toit fous les yeux d’un ami : ce souvenirn’est honorable L ne convient qu’à lui.
S’il est plus doux de faire du bien àceux qui en auront de la reconnoiifance,il y a plus de vertu & de grandeur d’atneà en faire à ceux de qui l’on n’attendrien. La récompense de l’homme bien-faisant est dans son cœur. Il n’est jamaisla dupe d’un ingrat, parce qu’il lerem!toujours le témoignage d’avoir fait sondevoir, d’avoir pratiqué une vertu. D’ail-leurs, s’il a obligé fans espoir de retourde la part des hommes, il n’a pas renoncéau prix que le Ciel a bien voulu attacherà la bienfaisance (i). Léopold , Duc deLorraine, avoir comblé de bienfaits unepersonne qui fut ingrate. On en parlaau Prince, qui répondit : Je ne dois pasme plaindre de son ingratitude, puisque jene l'ai obligée que pour moi.
En secourant les malheureux, que ce{bit le désir de soulager nos semblables
Ci) Le désintéressement prétendu n^ble 8c héroïqueque vantent nos Phjlofophes , & qui exclut la vuemême des récompenses divines pour prix de nos bien-faits, servit une pitoyable £ lie. La raison ne peutapprouver qu'on oblige à pure perte ; & le regretd'avoir perdu un bienfait seroit juste, s’il écoit vrai-ment perdu pour l’autre vie autant que pour celIe*cL