des Mœurs- 5qui nous y engage, & d’autres vues plusgrandes encore qu’inspire la religion.Citie le vil motif de l’intérêt ni l’espé-rance même de la gratitude , ne soientpas ce qui nous détermine : nous ferionsîouvent trompés dans notre attente. Son-geons à bien frire, plaçons nos bienfaitsle mieux qu’il nous fera passible, & lais,sons à ceux que nous avons obligés lefoin de la reconnoÜfance. Ne comptonspas même beaucoup là-deifus: le monde estplein d’ingrats. Mais, comme dit fort bienLaBruyere, il vaut mieux s’exposer à Pin .gratitude , que de manquer aux misérables..
La crainte de faire des ingrats ne doitdonc pas nous empêcher d’ouvrir, enfaveur des indigens, la main de la bien-faisance. Devons-nous nous attendre hêtre mieux traites que Dieu même ? Sesplus grands bienfaits ne font ils pas lesplus grands ingrats ? Ceux qu’il a com-blés de biens ne font-ils pas souventceux qui en abusent le plus, & qui lefervent le plus mal ? L’ingratitude queles hommes auront pour nous, pour»nous devenir plus avantageuse que leurreconnoilfmce, en épurant notre vertu »en nous rendant plus agréables & plussemblables à Dieu (2).
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2 ) Eritit filii yAltiJJîmi , quia bsnïgnm est fuser ingr&-£? malos. Lac. 6.
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