D E S M Œ U R S. f
ses services, montre qu’il n’a obligé quepar vanité ou par intérêt. 11 y a des gensqui vous répètent éternellement qu’ilsvous ont fait ce que vous êtes. Est-ilrien de plus cruel? & ne leur auroit-on.pas plus d’obligation de ne leur en pointavoir? Quelqu’un reprochant à une per-sonne qu’elle lui devoir tout ce qu’elleétoit ? Cela était vrai il n’y a qu’un mo-ment , reprit l’autre ; mais à présent celane l’est plus.
S’il y a souvent de la dureté & peud’honneur à reprocher le bien que nousavons fait, il est quelquefois permis dele rappeler , pour engager à la reccn-noiffance qu’on doit avoir & qui nousest devenue nécessaire. Un Soldat Ro-main al!oit être jugé par l’Empereur :Prince, lui dit-il, reconnoitriez-vousleSoldat qui, pour éteindre l’ardeur devotre sois, vous apporta de l’eau d’unefontaine? Oui, répondit l’Empereur,mais ce n’est pas toi. Vous avez raison dene pas me reconnaître , répliqua le Soldat,car fai perdu depuis ce temps-là un milen combattant pour vous. .L’Empereurl’ayant envisagé avec plus d’attention,reconnut ses traits, & le rccompen/Ii.
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