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L’ É C O L E
Quoique l'ingratitude soit un mon lirequi naifle comme, de lui-même dans lecœur de l’homme, & y produise les fen-timens les plus odieux, il faut avoueraulli que si l’on vouloir pénétrer lesintentions de la plupart de ceux qui fontdu bien, on découvrirait souvent queles reproches d’ingratitude qu’ils font,font autli mal fondés que leurs droits àla reconnoissance. Combien de personnesfont les premiers auteurs de l’ingratitudedont elles se plaignent! La bienfaisancepure eil presque aulli rare que la vraiereconnoiflance.
Ce n’est pas que nous prétendionsexculêr aucun ingrat : quel que soit lemotif qui nous ait engagés à faire dubien, nous devons toujours le recon-noitre. Mais voulez-vous qu’on en aitde la reconnoiflance : obligez avec zele,avec aflsection, & dans la vue de faireplaisir. Témoignez de la joie, de l’es-time, de l’empressement; & l’on voustémoignera de la gratitude. Ayez foinfur-tout de ne point perdre le fruit nile mérite du bien que vous faites, parde mauvaises maniérés qui le precedent,qui l’accompagnent, ou qui le suivent.
Les plaintes & les reproches ne gué-rissent de rien , & ne servent ordinai-rement qu’à faire mépriser ceux qui lesfont. Celui qui reproche ses bienfaits &