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autrement, n’ont ni honneur ni reli-gion. Leur cœur insensible à la ruinedes malheureux, que la nécessité ou ladébauche engage à courir à leur perte,l’est encore plus aux cris de leur con-science. Dans le temps de la vendange,un Vigneron se trouva sans argent, pouravoir des tonneaux. 1! lui en falloir àquelque prix que ce fût. Il prend leparti d’en aller chercher chez un usurier.Morbleu, mon ami , lui dit celui-ci, vousprenez bien mal votre temps ; voilà lesderniers coups du sermon qui sonnent ,je ni y en vais , car je le per dr ois. Ils yvont de compagnie. Le prédicateur parhasard prêcha ce jour-là si fortementcontre l’usure, que le Vigneron perdittoute espérance d’avoir de l’argent. Lesermon fini, Monsieur, lui dit-il, je voussouhaite le bon jour. Hé! où allez-vous ,reprit le saint homme? vous ne voulezdonc pas d’argent. Pardonnez-moi, Mon-sieur, répliqua le Vigneron , mais aprèsle sermon que vous venez d’entendre,je ne crois pas que vous vouliez m’endonner. Abus, dit l’usurier! le prédica-teur fait son métier , U moi je fais le mien.Quel métier que celui qu’on ne peutexercer, sans fouler aux pieds les lois na-turelles, divines & humaines ! Pour vous,pensez mieux , & regardez comme ungain honteux & infâme, celui que vous