5.5 V É C O L E
il ji' avait besoin que d'une bourse pour It■mettre. Ce g-and Pape , qui fut le pro-tecteur zélé des Arts & des Sciences, &le restaurateur des Lettres en Italie , étaittrop sage & trop éclairé pour honorerde ses récompenses des charlatans ou desvisionnaires : il croyoit avec raison devoirles réserver au vrai mérite.
Quoique de plus grandes & de plusdignes récompenses que celles de la terresoient destinées à la vertu , il elf glorieuxnéanmoins de lui accorder celles qui dé-pendent de nous. Le Prince de la TourU ;Taxis , Directeur général des postes del’Empire & des Pays-Bas , étant à Ni velles , alla s’y promener à la foire avecune Dame Chanoinesse. Ils s’approchentd’une boutique, & le Prince demandeles plus beaux éventails. On les lui mon-tre, en disent que le prix étoit de deuxlouis. Ce n'efl pas ce que je veux , dit-il.Il va auprès d’un autre Marchand, quien présente de cinq louis. Le Prince fitla même réponse. Ce Marchand compritla pensée du Prince, & lui dit qu’il avoitencore d’autres éventails, mais beaucoupplus chers : il les montra, & dit qu’ilsn’étoient pas moins de vingt-cinq louis.Le Prince , dans le nombre, en trouvaun qui lui plut & à la Dame. Il dit auMaître de la poste, qui l’accompagnoit,de compter les vingt-cinq louis, Ce/ui-ci