?2 L’École
envieux de la gloire d’un Capitainequi avoir fait une belle action , écrività M. de Louvois que ce Capitaine étoitsortier. Le Ministre répondit: „ Mon-sieur, j’ai Fait part au Roi de l'avis quevous m’avez donné. Sa Majesté m’a ditlà-dessus que, si ce Capitaine étoit sor-cier , pour vous , vous ne l’étiez pas “.
Tâchons de faire mieux que ceux quifont bien ; c’elt la plus belle & la plusglorieuse vengeance que nous puissionsexercer contre ceux qui pouroient êtrel’objet de notre jalousie. La noble ému-lation fut toujours permise & louable ;l’envie ne le fut jamais. La première estlin sentiment courageux, qui rend Tarneféconde , qui l’enflamme à la vue desgrands exemples, & l’éleve souvent au-dessus de ce qu’elle admire. L’autre estune passion basse, qui ne pouvant attein-dre à la hauteur des autres, cherche àla rabaisser. On déprime ce qu’on estincapable de faire, parce qu’il est plusfacile de mépriser que de surpasser oud’égaler.
Aussi y a-t-il dans l’envie, je ne faisquoi de honteux, qui fait qu’on se lacache à soi-même. On tire souvent vanitédes passions les plus criminelles , de sesexcès, de ses débauches ; on s’en flutmême gloire, parce qu’on est assez aveu-gle pour se couronner de sa propre honte.