des Mœurs. qjMais l’envie est une pastion qu’on n’osejamais avouer. On rougit de l’avoir , &encore plus de la montrer, parce quetémoigner de l’envie , c’est reconnoîtreson infériorité, ou faire voir la craintequ’on a d’être effacé. C’est un aveu dubonheur ou du mérite des autres, & unhommage secret qu’on leur rend. L’enviesait honneur à celui qui en est l’objet :sous un mépris apparent elle cache uneestime réelle. Si l’on doit plaindre quel-quefois ceux qui excitent la jalousie,parce qu’ils peuvent en devenir les vic-times ; on doit souvent plaindre encoreplus ceux qu’elle épargne , parce qu’ellene pardonne qu’au vice & à l’obs-curité. Thémistocle disoit qu'il n'enviaitpas le fort de qui ne fait point d'en-vieux.
Quoiqu’il n’y ait guere de pasilonqu’on veuille cacher avec plus de soin,il n’y en a pas qu’on cache moins : l’air& les yeux la décelent. 11 y en a qui,ne pouvant s’empêcher de parler contreceux auxquels ils portent envie, croientque leur jalousie est bien cachée, quandils disent que ce n’est point l’envie quiles fait parler : mais ils n’en imposent àpersonne. Il faut avouer, disoit un jourune Dame, qu’une telle est une sottefemme : je n’en parle pas par envie ,ajouta-t-elle , car elle n’a rien qu’on
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