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puisse lui envier. Si cela étoit, reprit
quelqu’un , vous rien parleriez pas.
Et en effet, on dit peu de mal d’unepersonne qui ne mérite point d’ètre louée:on n’a pas à se venger de sa supériorité.Jaloux de primer & de l’emporter sur lesautres, tous ceux qui nous effacent ouqui brillent trop à nos côtés, ont le mal-heur de nous déplaire, & nous ne trou-vons aimables que ceux qui n’ont rien ànous disputer. Celui qui a dit que deuxfemmes ne sauroient se regarder sansqu'au moins l’une des deux ne soit mé-contente de l’autre , les connoiiîoit assezbien. On ne sauroit louer plus sûrementni plus délicatement quelques femmes,què de leur dire du mal de leurs rivalesen beauté ou en esprit. C’étoit auili lalouange la plus flatteuse qu’on pût don-ner à M. de Voltaire , dont la vanité ja-louse ne pouvoir souffrir qu’on louât ensa présence quelqu’autre Poète ou Auteurque lui. M. de Fénelon pensoit bien plusnoblement. Il parloit toujours avec es.time & avec éloge de ses adversaires.„ Un jour, dit Al. deRamsay ( 2 ) , que
( 2 ) M. de Ramfity , Auteur de plusieurs Ouvrages,& en particulier des Vies de M. tie Fénelon & de3M. de Turenne , étoit Eooffnis. Après avoir été tour-à-tour Anglican , Sn.inien , Tolérant, ians être ôlis-tait , il eut enfin le bonheur de trouver Irr vérité qu’iltherchoù rvec droiture & de bonne foi, Ht. de Fcneioule fixa dans la Religion Catholique.