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jugea la libéralité li extraordinaire, qu'ilne douta point que le Duc ne se fut mé-pris. Il lui reporta la somme fur le champ.Mais le Duc la refusa, en lui disant :Puisque la fortune vous a été fi favorable,cherchez un autre que le Duc de Guise ,four vous envier votre bonheur.
L’envie n’est pas seulement une desplus honteuses pallions , c’est encore unedes plus cruelles. Elle est elle-même sonsupplice. Les talens, la réputation, laprospérité des autres font autant de versqui rongent l’homme jaloux & le dévo-rent en secret. Plus leur gloire tk leurfortune croissent, plus son aversion sesottise & s’allume: elle devient au-de-dans de lui comme un poison qui le brûle& qui répand l'amertume sur toute si vie.Aulfi tout homme né envieux, est-ilnaturellement triste ; & le grand Rous-seau a eu raison de dire en parlant del’envie :
Jilonscre ennemi des mortels & du jour,
Qui de soi-même est l'éternel vautour :
Et qui traînant une vie abattue ,
Ne s'entretient que du fiel qui le tue.
Ses yeux cnvés, troublés &idignotans, '
De feux obscurs font chargés en tout temps :
Au lieu de sang , dans ses veines circule ,
En froid poison qui les gele L I:s brûle.
Il faut être bien ingénieux à se tour-