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paierait de sa tète cette trahison, &ajouta que celui qui avertirait ce traîtrelui répondrait de la fuite. Grillon &plusieurs Courtisans étoient présens ; &comme on connoiiibit Henri III capablede faire périr un innocent, Crillon fré-mit en l’entendant jurer la mort d’unhomme de qualité, bon Officier , &d’une valeur reconnue. 11 résolut de l’ar-racher au péril pressant où il le voyoit.Il va trouver Fervaques, lui apprend cequi vient de fe passer, & l’exhorte às’évader. Henri instruit le matin que Fer-vaques a disparu, entre dans une colereaffreuse. Son imagination est quelquesmomens errante fur tous ceux qui avoiententendu son serment ; mais bientôt sessoupçons fe fixent fur Crillon: son estimepour lui les combat & les appuie enmême temps. Fervaques, lui dit-il avecun regard furieux, vient d’échapper àma vengeance , & ne me laisse quel’espoir de l’exercer d’une maniéré pluséclatante fur celui qui me l’a dérobé :le connoissez-vous? Oui, Sire, répon-dit Crillon. Hé bien, reprit le Roi vive-ment , nommez le-moi. Je ne serai ja-mais délateur que de moi-même , répli-qua Crillon: mais la jttjle crainte qiCunnnocent ne soit une vïüime immolée aurejseutiment de Votre Majesté me prescritde- vous livrer le coupable : oui, Sire ,