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Quelques mois après l’arrêt rendu 8cfigniiié, il reconnut là faute. 11 fit venirles malheureuses victimes de là négli-gence, & les força d’accepter de lespropres deniers la somme qu’il leur avoirfait perdre.
Gayot de la Rejace était un de cesJuges droits, integres & incorruptibles,qui suivent dans leurs jugemens les ré-glés les plus pures de l’équité. Assis furle tribunal, il était toujours fur ses gar-des pour ne pas se laisser surprendre.Vaincu pourtant un jour par le sommeil,il s’y livra dans une audience, & ce futl’unique fois de fa vie. Pour réparercette faute, il alla aux opinions, & n’ou-blia rien pour s’instruire de la cause. LePrésident lui en dit le précis. Gayotdonna ensuite sa voix. Les opinions fu-rent fort balancées. Celui qui gagna, eutl’avantage d’une voix seulement. Gayot,après le jugement, soupçonna qu’il pou-voir avoir mal jugé. 11 se fit apporterchez lui les sacs des Parties : après avoirexaminé le procès avec une grande at-tention , il vit que son soupçon était biensondé, & il jugea que là voix avoir faitpencher la balance du côté de celui quine devait pas gagner. Il manda la Partiequi avait perdu son procès, & la rem-boursa du principal & des dépens consi-dérables auxquels elle avait été con-damnée.