D E S M Œ U R s. 6rtribunal. Elles font les difficiles, appré-hendent d’en trop croire, ont des doutesfur tout, & n’en ont point lur l’égare-ment de leur conduite. Elles ne croientpresque plus rien des vérités de la reli-gion, parce qu’elles aiment à se permet-tre tout ce qui flatte leur penchant.
Car c’est presque toujours l’intérêt se-cret & honteux des passions qui décidedes jugemens qu’on porte contre la reli-gion. On l’a déjà dit bien des fois : si ellene proposait que des mystères qui passentla raison, sans y ajouter des maximes &des vérités qui gênent, l’incrédulité se-roit rare. Les plus incrédules ont cru d’a-bord comme les autres hommes : ils n’ontcommence à douter de la religion, quequand ils ont vpulu jouir tranquillementde leurs plaisirs, & le délivrer d’un cen-seur importun. Elle leur est devenue plussuspecte , à mesure qu’ils ont donné dansde plus grands égareinens. Ils ont passéplus ou moins rapidement, suivant lebesoin qu’ils ont eu de devenir incrédu-les , de la foi au soupçon , du soupçon audoute, du doute à une prétendue certi-tude. Leur façon de penser a changé avecleurs mœurs; & c’est bien d’eux que l’onpeut dire que l’esprit a été la dupe ducœur.
Combien de fois ne l’est-il pas aussidans mille circonstances de la vie ! La