des Mœurs. 6;ment nous faire les mêmes reproches,puisque s'ils ne font pas de notre sen-timent , nous ne sommes pas non plusdu leur.
Ce même orgueil nous fait mettrenotre gloire à n’ètre jamais du sentimentdes autres. Combien n’y en a-t-il paspour qui la singularité, la nouveauté ontun si grand attrait, qu’ils font portés àcroire & à admettre tout ce qui paroità leurs yeux revêtus de ces couleurs ! Onse plaît, même en fait de religion, à nepas penser comme les autres. La distinc-tion flatte jusque dans une matière aullisérieuse & aulsi importante. On rougi-roit de croire ce que croit le vulgaire.Quelques hommes qui se sont malheu-reusement rendus célébrés, font-ils pro-felsion de ne rien croire, on se fait hon-neur de penser comme eux ; c'y. l’on aimemieux s’égarer & se perdre à leur suite,que de marcher avec les autres dans lesroutes frayées & communes.
D’autres prennent le parti impie &absurde de douter de tout, parce qu’àles entendre, la vérité est tellement sem-blable au mensonge, & la vertu au vice,qu’il est impossible de les discerner, ilest -vrai que dans ia plupart des chosesil y a un mélange d’erreur & de vérité,de vice & de vertu : & c’est ce mélangetrompeur, qui est encore une des sources