des Mœurs. 6 slité est l’effet de la corruption du cœur,d’un orgueil avide de distinction ; c’est dumoins la fuite d’une mauvaise philolo-phie, & un abus de la rai soin On s’enfait pourtant un honneur & un trophée,comme d’une preuve qu’on a une plusgrande force d’esprit ; & l’on ne fait pasréflexion que sans examen il est aussi aisé,& plus déraisonnable même , de ne riencroire , que de tout croire.
L’homme sage lait entre ces deuxécueils tenir un juste milieu. Il penseavec raison que , s’il y a peu de discer-nement & de prudence à recevoir légè-rement tous les faits miraculeux qu’onraconte, il y a beaucoup d’imprudence& d’impiété même à rejeter ceux qui fontrevêtus de preuves authentiques. 11 aimemieux fc tromper peut-être quelquefois,en croyant pieusement ce qui tend tou-jours à honorer Dieu , que de s’exposerà lui faire injure en refusant de recon-noître ses œuvres. Ainsi il croira fanspeine les merveilles que le Tout-Puil-îànt a opérées par ses Saints dans tousles siècles, lorsque des Auteurs judicieux& sagement critiques les rapportent.
Les esprits-forts, qu’on n’appelle ainsi,dit la Bruyere , que par ironie, déter-minés à nier tous les faits merveilleuxqui peuvent faire honneur à la religion,fe raillent d’une religieuse croyance,