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n’ont jamais opéré aucun miracle, toutce qui se fait à Rome dans la canonisa-tion des Saints , ces procédures li exac-tes, ces examens si rigoureux, ces dis-cuisions si sévères qui ont étonné desProtestans même ( 3 ), ne font qu’unecomédie sacrilege pour abuser de la cré-dulité des peuples ; & les Princes quisollicitent ces canonisations, les Evêques ,les Magistrats, qui, après les informationsles plus scrupuleuses, les vérificationsdes témoins, les dépositions authentiquesdes Médecins & des Chirurgiens, attesitent avec serment les miracles arrivésdans leurs provinces, font des imposi.te tirs ou des dupes.
Peut-on sérieusement adopter des pa-radoxes si absurdes? & à quel exeès dedéraison ne portent pas l’incrédulité & lahaine de la religion, ou l’amour de lasingularité & la folle manie de passerpour esprit-sort. On traite d’esprits fai-bles 8i superstitieux, ceux qui croientles miracles les mieux prouvés ; & parce
( 3 ) Un Savant Anglais de ce siecle voyageant enItalie , r-‘ trouvoit à Rome dans le temps de la cano-irisation d’on Saint. Il fat cnrietiK d’en voir les aéîes.On les lui montra. Frappé des preuves des premii-smiracles qui y étaient rapportés, il déclara qne sitous L-ment aussi bien attestés , il ne balanctroit pas àles croire, lie bien , lui dit-on , ces miracles n'ont pointit? admis , parce qu'ils n'ont pas para pronvés.