des Mœurs. 69qu’il est plus facile de railler que deraisonner, on ne répond aux preuvessolides qu’ils apportent, que par desdoutes railleurs , de froides épigrammes ,de fades plaisanteries répétées d’aprèsquelques partisans accrédités de l’irré-ligion.
Car la plupart des gens du monde nejugent point d’après eux-mêmes. Tropinappliqués pour étudier & approfondirce qui les intéresse foiblement , ils neprononcent & ne décident que cVaprèsà'autres ; & c’est encore là une dessources les plus fécondes des faux juge-mens que l’on porte tous les jours. Onrépété avec confiance ce que d’autresont dit , sans se donner la peine del’examiner. On croit aveuglément desAuteurs, qui ont acquis une vaine célé-brité ; & l’on est persuadé qu’on ne sau-roit se tromper en pensant comme eux,quoique la critique éclairée ait fait plu-sieurs volumes de leurs erreurs (4).
( 4 ) On peut voir entr'autres VOracle des non--veaux Philof-phes , par l’Abbé Guyon ; les Erreur*de Voltaire , par l’Abbé Nonotte ; & les Lettres dequelques Juifs Portugais $5 ^Allemands a M. de Voltaire ,par l’Abbé Guenée . Ces trois bons Ouvrages suffi-roient pour convaincre de l'ignurance ou de la mau-vais^ foi de ce fécond & iusidelle Ecrivain , si l’onpouvoit encore en douter. Le dernier surtout luipreuve avea la plus grande politesse, qu’ü est, dans