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salut & la majesté de l’Empire. Le 7 deJuillet, sur le soir, Léopold avec toute semaison sortit de Vienne du côté que leDanube mettoit à couvert des Turcs,Les ennemis se présentèrent devant laplace , tandis que l’Empereur en sortent:du côté opposé. On peut juger quelsdurent être dans cette suite précipitée lessentimens de PinfortunéeEléonor, quandelle vit à travers les ombres de la nuitau-delà du Danube les villages en feu,les armes étincelantes de l’ennemi, lescampagnes inondées d’une armée innom-brable de Turcs & de Tartaros , la villeimpériale exposée à un assaut prochain,l’Empire à deux doigts de fa perte , &elle-même contrainte de fuir malgré unegrossesse avancée, fans appui, fans se-cours, avec un époux tendrement aimé,dont elle ressentoit vivement l’infor-tune , & avec des enfans qui n’étoienfe-pas encore en âge de sentir leur mal-heur.
La première nuit, ils arrivèrent à unpetit village, où ils essuyèrent tout ceque l’indigence a de plus affreux. Ilssurent obligés de le retirer dans unechaumière déserte & dépourvue de touteschoses : on n’y trouva ni lits , ni cham-bres , ni vivres. C’étoit un spectacle ca-pable d’attendrir, que de voir ces augus-tes personnes qui commandoient un fi