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vaste Empire, exilées dans leurs propresEtats, & réduites dans une misérablecabane aux horreurs de la pauvreté.Un courage moins terme enauroit étéabattu ; mais au milieu de l’épouvanteuniverselle & de la consternation oùétoit toute la Cour, on voyoit Lléonorintrépide, & le vertueux Léopold avecune majesté aussi sereine & ausii paisibleque s’ils eussent été dans leur palais ausein de l’abondance & en pleine fureté :ils songeoient, dit l’Auteur de la Viede cette Princesse, à l’état encore plusmalheureux où leur Dieu & le Roi desRois s’étoit réduit lui-même en naissant.
Dans cette extrémité des affaires del’Etat, la feule chose qui ébranla un peul’invincible constance d’Eléonor, fut leparti que prit l’Empereur d’aller malgrétous les périls joindre l’armée, qu’onïassembloit contre les Turcs. Le jourmême de son départ, l’Impératrice avoitaccouché d’une Princesse. Ses couchesfurent très-heureuses, malgré tant devoyages , d’inquiétudes, de frayeurs &de calamités, qui faisaient craindre pourelle ; mais elle en dut le succès moinsencore à la bonté de son tempéramentqu’à la fermeté de son esprit incapabled'être abattu par la continuité des mal-heurs, auxquels toute autre femme dansl'a situation auroit infailliblement suc-