des Mœurs.moins nécessaire aux femmes, & peut-être même Pest-elle encore plus. Ellesdoivent avoir le courage de soutenir ledégoût, la colere, les mauvaises façons,les mépris même de leurs maris. Unefemme tendre, vertueuse & raisonnable,qui, malgré tous ses efforts, se voit enbutte à la mauvaise humeur d’un époux ;une femme qui n’a jamais la satisfactionde s’entendre applaudir fur les meilleuresactions ; qui même est obligée de lescacher & de paroitre quelquefois avoirtort ; qui dérobant son malheur à tousles yeux étrangers, tâche de sauver lesdehors & de cacher au public tout cequi peut l’être; qui souffre sans se plain-dre , & qui excuse ce qu’elle n’a pu pré-venir ni empêcher d’éclater : que cettefemme est grande ! qu’elle est estimable !& quel est le mari assez dépourvu desentiment & de raison, pour ne pas céderenfin à tant de vertu !
Ce triomphe , le plus glorieux pourune femme, fut celui de Vincentine Lo~melin , cette illustre Génoise, Fondatricedes Annonciades-Célestes , dont nousavons déjà loué ailleurs la charité bien-faisante. Mariée avec Etienne Centurion,Gentilhomme de Gènes, elle trouva, ditl’Historien de fa vie, au commencementde son mariage plus d’épines que deroses. Quoique son mari eût beaucoup