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d’estime & d’affection pour elle, il lafît extrêmement souffrir, parce qu’il étoitnaturellement prompt & colere, difficileà contenter, trouvant à redire à tout cequ’elle disoit ou faisoit, & souvent sansavoir aucun sujet, ainsi qu’il l’avouoitlui-même. Elle ne lui opposa que la pa-tience, la douceur, la complaisance, quile firent enfin rougir de ses humeurs &de ses brusqueries ; il reconnut que fafemme, toujours égale, toujours préve-nante , ne 'méritoit que l'a tendresse.Bientôt le calme & la paix succédèrentaux tempêtes & aux querelles. Chérie &respectée de son époux, elle eut encorele bonheur de le voir, comme elle, ledonner tout entier à Dieu , & partagerses bonnes œuvres & ses pieux exercices.
Si les époux doivent supporter mutuel-lement leurs défauts & leurs mauvaiseshumeurs, à combien plus forte raison lesenfans doivent-ils supporter ceux deleurs parens, & avoir en quelque forteun respect aveugle pour eux, lors mêmequ’ils en ont le plus à souffrir. Un Grecmaltraitait son fils j parce que, difoit-ilyil n’avoit rien appris à l’école de Zenon.Le fils, qui soulfroit ce mauvais traite-ment làns murmurer, lui répondit : Monpere , «’ ai-je pas beaucoup profité, puisquej'ai appris à souffrir avec patience ?
Le trait suivant n’est pas moins beau*