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pénitent'débuta par lui, dire, qu’il s’ae-cusoit de s’ètre donné au diable. Reprenezvotre hallebarde , reprit brusquement leConfesseur , diez vous en servir votremaître. Le Sergent se retira plein defonte & de colere, & ne manqua pasd’y envoyer aussi le Confesseur. Il yavoit beaucoup d’humeur & de dureté,pour ne rien dire de plus, dans unepareille conduite. Ce n’elt point par lesaccès d’une indignation déplacée, c’estpar les attraits d’une piété douce &compatissante que les cœurs se gagnentà la vertu. Un zele amer est plus propreà les aigrir qu’à les attirer.
Celui de saint François de Sales étoitbien misèrent. Ce fut par sa grande dou-ceur qu’il ramena un si grand nombred’hérétiques dans le sein de l’Eglise. LesAuteurs de sa vie attestent qu’il en aconverti plus de soixante & dix mille,parmi lesquels il y en avoit plusieursde distingués par leur noblesse ou parleur science. Ce qui faisait dire au savantCardinal du Perron : Qiiil ny avoitpoint d'hérétiques qu'il ne put convaincre ,mais qu'il falloit s'adiesser à M. de Genevcpour les convertir.
Il savoir néanmoins animer quelque-fois son zele d’une juste indignation,lorsqu’il le falloit. Il ne vouloit pas que,fous prétexte de bonté & de douceur, on