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le vice , lorsqu’on est obligé de le faire.C’est se rendre complice du mal, quede ne pas le reprendre fermement &l’arrêter quand on en a le droit & lepouvoir.
C’est-là ce qui rend si criminelle lamalheureuse & pitoyable foibiesse de cesparens, qui, dans la folle tendresse qu’ilsont pour leurs enfans, dissimulent, dé-tournent la vue pour ne pas appercevoirles fautes les plus grandes , se retirentmême & disparoissent, pour avoir unprétexte de ne rien voir & de ne riendire. Si quelquefois ils se croient obligésde les reprendre de leurs désordres de-venus trop grands ou trop publics , c’estavec une foibiesse qui ne remédie à rien»qui augmente même le mal, & rend lesenfans plus effrontément libertins ouvicieux.
Parens mous & aveugles , votre ten-dresse cruelle leur est bien plus funeste,que si vous vous armiez, lorsqu’il est né-cessaire , d’une juste sévérité. Quand lesréprimandes ne produisent rien, quandvous voyez des sautes sérieuses & réité-rées, faites parler le devoir , faites-leparler en maître & en vengeur. En cor-rigeant vos enfans, ils ne vous en aime-ront pas moins, mais ils vous respecte-ront davantage. Leurs larmes eiiuyp^s »ils vous rendront justice, vous remer-