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ai-je offensé Votre Majesté , pour en êtretraité de la sorte ? Sont-ce là les récom ■*penses des blessures que j’ai reçues à sonservice? En disant cela, il ouvrit sonhabit, & lui montra des cicatrices. Jesuis Gentilhomme , poursuivit-il, ß? je nedois pas être exposé à des coups de hous-stne comme un vil esclave. Charles IX re-connut fa faute , fit des excuses au Gen tilhomme , & l’aifura qu’il n’avoit qu’àdemander telle grâce qu'il voudroit pouratisfaction.
Un jeune homme rougit, quand on lesurprend en saute & qu’on lui fait voirqu’il a manqué. Mais souvent cette hontevient moins du repentir qui reconnoît fafaute pour s’en corriger, que de l’orgueilqui se trouve humilié. Il se fâche contreceux qui lui en font des reproches, aulieu de se fâcher contre lui-même de lesavoir mérités. Le Marquis de Saint-Andréfit un jour à ce sujet une belle réponse. Ilétoit venu demander un petit Gouverne-ment à M. deLouvois, Ministre de laGuerre. Ce Ministre le lui refusa, se res-souvenant de quelques plaintes qu’on luiavoit faites contre lui. Cet Officier touten colere dit : Morbleu ! st je recommen-çais le service , je sais bien ce quejeferois.Que feriez-vous, lui demanda M. deConvois d’un ton brusque ? je régleraissi bien ma conduite , reprit Saint-André,